La RSE dans Repères, troisième

Michel Capron et Françoise Quairel ont encore frappé! La troisième édition (la première date de 2007) de La responsabilité sociale d'entreprise dans la collection "Repères" de La Découverte vient de paraitre. 

  Après un rappel historique (la génèse et le développement de la RSE), les deux universitaires font le tour des multiples acceptions qui interagissent, en tentant de définir ce qu'on entend par responsabilité comme ce qu'on entend par social et par entreprise 

Puis ils se demandent pourquoi les entreprises devraient-elles être responsables, en exposant les approches théoriques: la firme noeud de contrats, la théorie des parties prenantes, celle de la firme "encastrée" dans la société, de la RSE comprise comme un moyen pour les actionaires d'augmenter leur profit à la RSE comme convention sociale, du business à la sociologie. 
 
Les auteurs recencent ensuite les acteurs de la RSE, dont le rôle peut d'ailleurs être ambigu - nouveaux mouvements sociaux, consommateurs, salariés et leurs syndicats, actionnaires et leurs agences de notation extra-financière, milieux d'affaires proactifs - et les cadres internationaux - principes directeurs de l'ONU, Pacte mondial, ISO 26000, ldirectives de l'Union européenne - et osent la question récurrente qui agite le petit monde de la RSE: "le débat entre normes contraignantes et démarches volontaires pose le problème de la régulation mondiale de l'activité des entreprises". 
 
Le chapitre V Stratégies et management de la RSE examine les types de comportements des entreprises en matière de RSE, de l'optimisme du business case aux comportements de résistance et à l'intégration dans le coeur de métier, le VI l'instrumentation de la RSE (attention, bien lire instrumentation et pas instrumentalisation): normes et lignes directrices, audits et certification, etc. 
 
 
Notons que les auteurs soulignent la distinction entre la RSE à l'américaine (comprendre des Etats-Unis) et la RSE à l'européenne. Cette distinction, historiquement fondée, est tout à fait pertinente... mais elle omet le développement du mouvement de RSE sur les autres continents. La RSE "à la chinoise" fondée sur le concept d'harmonie, n'est pas assimilable à l'une ou à l'autre des conceptions susnommées. Il est vrai que les universitaires sont particulièrement intéressés par les références théoriques et qu'il existe peu de littérature académique asiatique sur ces sujets connue en Occident mais nos auteurs traiteront peut-être du reste du monde dans un prochain ouvrage? 
 
Nous nous permettons de citer deux paragraphes de la conclusion, qui ouvrent sur la notion de biens communs
""Le défi posé par la RSE est de déterminer les biens communs auxquels l'entreprise est censée apporter sa contribution. Comment définir aujourd'hui les biens communs? Qui dispose de la légitimité pour le faire? A défaut d'instances supranationales reconnues, et du fait de l'effacement des Etats, tout est à construire. La réponse des approches libérales est que les parties prenantes doivent alors s'adresser directement à la grande entreprise qui se voit investie d'une responsabilité de "citoyenneté globale". Face à cette autorégulation, les approches régulationnistes dénoncent cette privatisation du droit et rappellent la nécessité absolue d'un droit positif international. 
Si l'on ne croit guère à la convergence spontanée des intérêts, le bien commun est alors une construction politique qui nécessité débat et qui repose sur la croyance en la capacité des individus à transcender leurs appartenances et intérêts pour former une société politique. Quelle place reconnaître aux entreprises dans ce débat, sans déposséder les citoyens de leurs prérogatives? Quel pouvoir d'interventin de la société sur les entreprises, sans attenter à lal liberté d'entreprendre. 
Ces questions sont implicitement au coeur de toute réflexion sur la RSE
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Et ce petit concentré de connaisssances ne coûte que 10 euros...
 
Pour la bonne régle, nous précisons que Françoise Quairel est membre de l'association Gestion Attentive.