La Missive de Gestion Attentive

N°8 -  février 2005

Édito: politique et mesure.

En cette mi-février, le protocole de Kyoto devient opérationnel, même si le principal pollueur mondial continue à refuser d'y souscrire, comme il s'oppose sur un autre terrain au tribunal pénal international. En France, le président fait de la surenchère en prévoyant de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, souhaitons que cet engagement soit suivi de plus d'effets que sa promesse de se baigner dans les eaux de la Seine…
Lors des journées associant les technologies de l'information et de la communication d'une part et le développement durable de l'autre, organisées en début de mois à Valenciennes, un intervenant estimait à une vingtaine sur neuf cents les parlementaires français conscients des enjeux climatiques, énergétiques et démographiques. Il est vrai que le temps de la politique n'est pas celui du développement durable : les échéances électorales rythment l'une alors que la définition que la commission Brundtland donnait de l'autre se réfère explicitement aux générations futures. Pourtant, les hommes politiques qui sont entrés dans l'Histoire, quelle que soit l'appréciation qu'on porte sur leur œuvre, ne sont-ils pas ceux qui se sont projetés dans le long terme ?
Si l'on sait à peu près mesurer les émissions de gaz à effet de serre, il parait bien présomptueux de vouloir mesurer le développement durable. C'est pourtant ce que tente de faire la statistique publique en France, en publiant des indicateurs de développement durable. Ces instruments de mesure gardent un aspect qualitatif, on ne cherche pas à les agréger dans un chiffre unique comme le PNB par tête. Cela parait sage, car on pourrait légitimement dire " chiffre unique, chiffre inique ".
D'une façon générale, les instruments de mesure ne sont pas neutres, ils sont même un enjeu d'importance. On le voit notamment lors de l'application des normes comptables internationales, qui peut avoir des effets cruels en mettant en lumière des engagements sur l'avenir.
L'Association internationale de normalisation commence ses travaux sur la responsabilité sociale des entreprises, elle a prévu d'ériger des lignes directrices mais pas une norme certifiable. Néanmoins, les résultats de ses travaux auront indiscutablement un effet structurant sur les politiques de management des entreprises.

Marie-Noëlle Auberger
<mna@gestion-attentive.com>

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L'ISO prépare des lignes directrices pour la RSE

L'organisation internationale de normalisation -plus connue sous son sigle anglais d'ISO- a décidé en juin 2004 de travailler à l'élaboration de lignes directrices pour la responsabilité sociale (guidance on social responsability). 37 pays sur les 146 que compte l'ISO ont approuvé la création d'un groupe de travail sur la RSE et 32 vont y participer. Cependant, ces lignes directrices ne formeront pas un système de gestion standard ni une base de certification.
Le groupe de travail se réunira pour la première fois au Brésil, à Salvador de Bahia, du 7 au 11 mars 2005. Les travaux devraient durer trois ans et la norme être publiée début 2008. La direction du groupe de travail est assurée conjointement par le Brésil et la Suède, le président étant monsieur Jorge Cajazeira, directeur de la qualité du groupe papetier Suzano et la vice-présidente madame Catarina Munck af Rosenschöld, directrice de la citoyenneté d'entreprise de Volvo. Le secrétariat sera assuré par Kristina Sandberg de SIS et Edouardo Campos de Sao Thiago d'ABNT, les deux comités nationaux de normalisation. Les Brésiliens soulignent que c'est la première fois que le représentant d'un pays en développement préside un groupe de travail, cela est du au fait que le Brésil est un des rares pays à avoir élaboré une norme sur la responsabilité sociale. L'Associaç?o Brasileira de Normas Tecnicas -ABNT- a mis au point la NBR 16001 et de nombreuses entreprises sont sensibilisées aux problèmes sociétaux et environnementaux.
Jorge Cajazeira insiste sur la transparence des travaux, il souligne l'importance des ONG, des travailleurs, qui précédemment ont eu des contacts limités avec l'ISO. Pour lui, l'ISO peut apporter une valeur ajoutée en développant un consensus international sur des principes de base qui apporteront la clarté, encourageront la communication et permettront des comparaisons significatives dans le domaine de la RSE. Catarina Munck af Rosenschöld déclare vouloir tenir compte des principes, normes et directives déjà existantes et de la connaissance globale tout en faisant preuve de créativité. L'objectif est de produire un document écrit en langage simple qui soit compréhensible et utilisable par des non spécialistes. Il s'agit d'ajouter de la valeur aux accords intergouvernementaux existants tels que la déclaration universelle des droits humains de l'ONU et les documents de l'OIT, et non de les remplacer.
Contrairement aux normes ISO 9000, qui traite du management de la qualité, et d'ISO 14000, sur le management environnemental, ISO 26000 ne devrait pas être une norme générique de système de management. Rappelons que l'AFNOR a produit un guide SD 21000 sur ces questions, qui n'est pas non plus une norme certifiable.
Les différents pays sont représentés à l'ISO par leur association nationale de normalisation, en France l'AFNOR. Ce ne sont pas seulement les permanents de l'organisation mais les acteurs de l'économie qui participent aux travaux. Pour la préparation de l'ISO 26000, la délégation française est constituée de Christian Brodhag, délégué interministériel au développement durable, au titre du gouvernement ; de Didier Gauthier, secrétaire général du groupe Séché environnement, lequeli se présente comme " un acteur majeur de la filière déchets ", pour l'industrie ; de Marie-Laure Davy de l'Association Léo Lagrange pour la défense des consommateurs -lié au mouvement de jeunes et d'éducation populaire du même nom- au titre des consommateurs ; de Thierry Dedieu, secrétaire confédéral de la CFDT, pour le travail ; ainsi que de Dominique Saïtta de la CNAM-TS, l'assurance maladie des salariés, et de Fouad Benseddik de Vigeo, agence de notation sociétale, au titre des " divers ".

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La statistique française et le développement durable

Les Chroniques du CNIS, publiées par le Conseil National de l'Information Statistique, ont pour objet du numéro 2 de janvier 2005 : "Statistique environnementale : le tournant du développement durable".

LLes agrégats macro économiques classiques font l'objet de critiques depuis trente ans. Tout économiste sait qu'une voiture qui va souvent chez le garagiste contribue plus à la croissance que celle qui ne pose jamais de problème et que le cadre qui épouse sa femme de ménage diminue le PIB et dégrade les comptes de la Sécurité sociale. Des agrégats ont été proposés, tels le "bonheur national brut" ou plus sérieusement l'indice du développement humain, pour quantifier autre chose que la production de biens et services marchands.
Dans ses récentes Chroniques, le Conseil National de l'Information Statistique qui assure en France la concertation entre les producteurs et les utilisateurs de statistiques, découvre les lacunes du système de comptabilité nationale : "Le PIB mesure la contribution au bien être collectif de la composante économique. En revanche, il mesure mal les contributions des deux autres piliers, telles la reproduction et l'équilibre des écosystèmes nécessaires à la perpétuation de la vie humaine, ou les niveaux d'éducation et de santé de la population. L'appréhension de ces diverses composantes et de leurs interactions constitue donc un défi nouveau pour la statistique publique". Il rappelle les principes du développement durable inclus dans la loi du 2 février 1995 : le principe de prévention à la source conduit la statistique publique à s'intéresser non seulement aux pollutions mais à leur prévention ; le principe "pollueur payeur" conduit à prendre en compte les coûts environnementaux dans les études d'impact et les évaluations des politiques publiques ; le principe de participation signifie l'implication des citoyens et donc leur libre accès aux statistiques environnementales ; le principe de précaution nécessite des recherches en sciences naturelles et sociales pour une meilleure connaissance de l'environnement. Le CNIS a plusieurs travaux en ce sens à son programme.
Dans le cadre de la stratégie nationale de développement durable -SNDD- adoptée par la France à la suite du sommet de Johannesburg, un premier travail national officiel sur les indicateurs du développement durable vient d'être publié. Il comprend 45 indicateurs dont 16 "indicateurs phares" allant de la qualité de l'air au niveau de vie relatif des personnes âgées en passant par le taux de chômage de longue durée.
Comme l'écrivent les auteurs de la note, ces indicateurs ne sont ni parfaits ni exhaustifs mais ils "ont néanmoins le mérite de commencer à corriger les imperfections majeures des indicateurs macroéconomiques classiques dans le domaine social et environnemental. En outre, ils favorisent le débat public sur la mesure de la croissance et le changement des modes de production et de consommation."

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TIC 21 : les TIC et le D2

Les associations ACIID, Comité 21 et Planète Ecologie organisaient les 3 et 4 février 2005 " TIC 21 ", la rencontre des TIC -technologies de l'information et de la communication- et du développement durable, à Valenciennes, qui se veut capitale du numérique et du développement durable. Il n'est pas question ici de rendre compte in extenso de ces riches journées, simplement de mettre l'accent sur certains aspects des débats.

CLe Nord Pas de Calais et singulièrement le Valenciennois ont été victimes du développement non durable, se plait à expliquer le maire, Dominique Riquet (voir " Des friches industrielles et du chômage, vers la culture et la cohésion " dans La Missive n°5). Pour s'inscrire dans une perspective de développement équilibré, la ville de Valenciennes joue la carte des technologies de l'information et de la communication, notamment avec les " ateliers numériques ", sorte de pépinière d'entreprises de TIC gérée par la chambre de commerce et d'industrie. L' " anneau citoyen " a commencé par fédérer les sites culturels locaux, ce portail électronique de l'agglomération a grandi et les sites municipaux n'en représentent aujourd'hui qu'une petite partie. Il permet aux Valenciennois de suivre les séances du conseil municipal en direct. Le Nord Pas de Calais a été la première région française à se doter d'un agenda 21, elle a publié en 2004 un atlas régional du développement durable, qualifié, ainsi que le dispositif d'accompagnement des agenda 21 locaux, de " remarquable " par Anne-Marie Sacquet, présidente du Comité 21.

Quels rapports entre TIC et D2 ?

Le D2, défini par l'Union européenne dans le traité d'Amsterdam et le traité constitutionnel comme l'intégration de l'environnement dans les politiques publiques sectorielles, est par essence pluridisciplinaire, constate Guillaume Sainteny, maître de conférences à Sciences Po. Les TIC et le D2 sont deux univers différents alors qu'ils devraient être convergents. Ils convergent dans le domaine de la relation au pouvoir car l'un et l'autre déstabilisent les organigrammes, affirme Pierre Radanne, ancien président de l'ADEME. En affaiblissant le pouvoir basé sur le filtrage, en permettant l'information horizontale et la transparence, en décloisonnant la société, ils conduisent à une révolution des méthodes de management. Mais ils divergent dans leur rapport à la vitesse : les NTIC s'en nourrissent, le D2 s'en méfie.
Les TIC sont-elles bonnes pour le D2 ? Si certains affirment que travailler chez soi en interactivité avec le monde entier permet de diminuer l'empreinte écologique, d'autres font remarquer que l'extension du " village relationnel " de chacun conduit à un accroissement des échanges de personnes et de marchandises, donc des transports, activités produisant du gaz à effet de serre. Jérôme Bindé, directeur de la prospective de la philosophie et des sciences humaines à l'Unesco, attire l'attention sur les conséquences pour l'environnement et le développement durable d'une société de communication. Les matériels et les réseaux ne sont pas neutres : il faut 45 litres d'eau pour fabriquer une puce électronique, le problème des déchets informatiques n'est pas résolu. La France produit actuellement treize kilos de déchets électroniques par an et par habitant et cette masse croît de 4% par an. Mais qui est responsable du fait que vous devez changer d'ordinateur tous les deux ans ? demande Bruno Oudet, qui répond : c'est celui qui fournit les systèmes d'exploitation, par conséquent, on devrait obliger Microsoft à recycler les ordinateurs qu'il rend obsolètes. Outre les problèmes environnementaux, le recyclage pose des problèmes sociaux et les ateliers de désossage peuvent être des lieux de trafic, ce qui explique l'hostilité de certaines autorités locales.

Internet et territoires

En France, la DATAR cherche à renforcer les réseaux sur le territoire. D'après Alain Ducass qui dirige le pôle numérique de la délégation, 2005 sera l'année de l'ADSL de deuxième génération, 2006 celle de l'UMTS et du WiMax, 2007 verra VDSL et la fibre optique dans les maisons, 2008 peut-être les réseaux pervasifs… Le développement de ces technologies aura des conséquences dans la vie de tous les jours qui ne sont pas nécessairement celles auxquelles on pense. Par exemple, un détecteur de mouvement peut faciliter le maintien à domicile des personnes âgées en donnant l'alerte en cas d'immobilité. Les régions rurales pourraient connaître un regain de développement. Le seul modèle qui fonctionne, rappelle Bruno Cassette de la Commission européenne c'est de commencer le maillage en zone urbaine puis d'aller en zone rurale. Certains disent qu'il est inutile de construire des infrastructures parce qu'il n'y a pas de besoin, toute l'histoire montre le contraire. Le téléphone était un outil professionnel, il est devenu aussi un outil personnel, c'est la même chose pour Internet. Dans le haut débit, les utilisateurs qui s'envoient des fichiers et des photos de vacances sont aussi les producteurs. La Haute Savoie compte plus de pages personnelles que Lille, grâce à un portail d'informations touristiques regroupant les sites des acteurs locaux. Les collectivités locales ont un rôle à jouer dans le développement des réseaux et il n'y a pas lieu de se focaliser sur le modèle économique des TIC. Il est aussi important pour une collectivité d'avoir du haut débit qu'avoir une piscine dont personne ne s'émeut qu'elle soit structurellement déficitaire.

TIC et développement

Comme l'ont fait remarquer les participants indonésien et malien à TIC 21, la priorité de la masse des habitants des pays pauvres est l'accès à l'eau, à la nourriture, à l'habillement. Les TIC ont pénétré dans les villes mais peu ou pas dans les campagnes, principalement parce qu'elles exigent des réseaux d'énergie : avant Internet, l'électricité.
D'après Jean-François Soupizet, de la DG société de l'information à la Commission européenne, la fracture numérique s'est élargie à partir de 2002. Les politiques de privatisation et de concurrence entre opérateurs ne suffisent pas à la réduire car même si la contrainte de l'offre est levée, celle de la demande reste. La structure de consommation des gens qui ont peu de moyens n'est pas orientée uniquement vers les produits de base mais leur pouvoir d'achat est limité. La résolution du problème passe par le développement des " petits consommateurs " qui vont dans les télécentres ou les cybercafés et qui utilisent les cartes téléphoniques prépayées, même s'il convient de noter le paradoxe qui veut qu'actuellement, la minute de téléphone coûte plus cher à celui qui l'a payée d'avance. Un nouveau modèle économique est en train de naître, celui du prêt de services, qui ne fonctionne que si le fournisseur est très proche du consommateur.
Néanmoins, des communautés isolées peuvent sortir de l'oubli où les maintient l'absence de route carrossable grâce à un ordinateur fonctionnant sur panneaux solaires. Information sur les prix des produits, recherche de nouveaux clients, contacts directs avec la Banque Mondiale, l'information peut changer la vie. Mais cela nécessite une volonté politique de développer les TIC, ce qui n'a pas existé au Sénégal où l'intéressante expérience de Métissacana disparut sous les coups du monopole de l'opérateur historique privatisé.
Pour Bruno Lanvin, responsable du financement des TIC à la Banque Mondiale, les TIC qui jouent de plus en plus le rôle d'un moteur économique et social peuvent être un instrument fondamental du développement. Mais les inégalités d'accès s'accroissent avec la sophistication des techniques, ce qui laisse penser qu'il y sans doute plus à faire via la radio et la télévision. Elles sont un outil, rarement une solution. La lutte contre la faille numérique peut se résumer en ABCDE : Accès ; Base humaine (éducation, formation) ; Contenus (cultures locales, langues) ; Désir (volonté de changement) ; Engagement (mobilisation de toutes les composantes de la société civile).


SMSI, deuxième à Tunis ; SMALSI, deuxième à Bilbao

Le Sommet mondial sur la société de l'information SMSI se déroule en 2 phases. La première a eu lieu à Genève en décembre 2003. Elle a adopté une déclaration de principes et un plan d'action. La deuxième phase, qui se tiendra à Tunis du 16 au 18 novembre 2005, aura pour objectif de mettre en oeuvre le plan d'action. Des groupes de travail ont été mis en place pour élaborer des solutions et parvenir à des compromis dans le cadre de la gouvernance de l'Internet et des mécanismes de financement. Jean-François Soupizet souhaite qu'au sommet de Tunis les Etats-membres de l'Union européenne s'expriment d'une seule voix. Ce sont les Etats qui se rencontrent au SMSI, comme à tout sommet mondial de l'ONU, mais Christophe Nuttall de l'UNITAR note que le sommet de Johannesburg a vu l'émergence du secteur privé et des collectivités locales. Plutôt que d'avoir un contre sommet, il est meilleur d'associer la société civile, considère Bruno Oudet, en charge de la coordination de la société civile française au SMSI. Ainsi, le sommet de Tunis sera multipartenaire, associant société civile, secteur privé et organisations internationales. La société civile est représentée par les associations de droits de l'homme et les environnementalistes mais il manque les associations de développement durable.
Si le système des Nations Unies considère les collectivités locales comme des ONG, il n'empêche que les pouvoirs régionaux deviennent acteurs et que des solidarités interrégionales tendent à se mettre en place. Le deuxième Sommet mondial des autorités locales pour la société de l'information aura lieu les 10 et 11 novembre à Bilbao, le premier ayant eu lieu à Lyon peu avant le sommet de Genève. Le gouvernement basque est actif dans la solidarité numérique, affirme son représentant Anton Zarraguita, il aide des régions à se développer dans les TIC. La rencontre de Bilbao permettra aux villes d'échanger des expériences sur des sujets précis.

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La Poste : management décentralisé et souci des charges de retraite

Jean-François Bailly, président de La Poste, premier employeur de France après l'Etat, avait rendez-vous le 01 février avec l'Association des Journalistes de l'Information Sociale. Apôtre de la modernisation sociale en interne, il aimerait reporter les problèmes de financement des retraites postales sur la collectivité.

Convaincu de "l'urgence à faire de La Poste une entreprise publique performante", le président a insisté sur le fait que la modernisation était un acte global : elle est économique avec les nouveaux équipements, les nouveaux produits et les innovations managériales mais aussi sociale avec la qualité de l'emploi et l'évolution des compétences, enfin sociétale en nouant des relations de confiance avec les parties prenantes.
Il n'y a pas de modernisation sans projet, affirme Jean-François Bailly, et celui de La Poste serait d'être à la fois un service public et une grande entreprise de logistique, leader en Europe. Il convient d'évaluer et de financer les exigences de service public, La Poste doit être un réseau de proximité, ce qui ne signifie pas le statu quo. Face à la mondialisation, les Français éprouvent le besoin d'un ancrage territorial ; pour y répondre, La Poste engage une concertation permanente avec les élus, concrétisé dans la charte du dialogue territorial avec les grandes associations d'élus locaux.
Jean-François Bailly entend atteindre la performance économique et sociale par la proximité, s'appuyant sur un management décentralisé et responsable qui mène des négociations locales. Chaque établissement de plus de cent personnes négocie en interne, une expérimentation est tentée pour les établissements de cinquante à cent. La conflictualité en 2004 a été la plus basse depuis 1996 alors même que cette année 2004 a connu de multiples changements.
En ce qui concerne les questions d'égalité professionnelle, la parité hommes femmes est de mise dans l'ensemble des effectifs mais les choses se gâtent quand on monte dans la hiérarchie : 39% des cadres sont des femmes (35% chez les cadres supérieurs et 21% chez les cadres stratégiques).
Le problème fondamental pour La Poste est celui du financement des pensions de retraites et de son traitement comptable. Tant que la poste était une administration d'Etat, la pension versée aux retraités était une charge du budget national. Désormais, La Poste doit assumer la charge des pensions des fonctionnaires, qui représentent encore 70% de ses effectifs, et dont les retraités seront vers 2010 plus nombreux que les actifs. Cette charge, d'un montant de 57 milliards d'euros aujourd'hui, est comptabilisée dans les engagements hors bilan. L'application des normes IFRS exige sa réintégration dans le bilan alors que les fonds propres sont inférieurs à trois milliards. Des " discussions techniques " sont en cours avec l'Etat, pour savoir qui payera quoi, un objectif étant de mettre à contribution dès maintenant le régime général. Celui-ci reçoit les cotisations des jeunes postiers de statut privé, il lui serait demandé de prendre en charge dès maintenant les fonctionnaires partant en retraite. On nous permettra de faire remarquer qu'ainsi la caisse du secteur privé aurait à payer deux fois.
Ajoutons que La Poste a publié son premier rapport de développement durable, même si elle n'est pas soumise à l'article 116 de la loi NRE.

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Les liens du mois :

La responsabilité sociale à l'ISO
Ce que vous voulez savoir sur l'ISO, en français
Christian Brodhag, site perso
le ministère de l'écologie et du développement durable
le groupe Séché environnement
L'Association Léo Lagrange pour la défense des consommateurs
La CFDT
La CNAM-TS
Vigeo

Le Conseil National de l'Information Statistique
et le numéro de janvier 2005 sur " Statistique environnementale : le tournant du développement durable "

Les journées TIC 21
Le site officiel du SMSI

La Poste et son rapport D2 :

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