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La Missive de Gestion Attentive
N°23 - novembre décembre 2006 (2)
Sommaire
Edito: d'une
mondialisation inégalitaire à une mondialisation responsable?
Les métropoles
françaises et la mondialisation responsable Forum pour une
mondialisation responsable : essai de synthèse Revenu, patrimoine,
bien-être, bonheur... Un immobilier
responsable? Un syndicalisme
international Dans la
bibliothèque
Les
sites de ceux qu'on cite
Edito: d'une
mondialisation inégalitaire à une mondialisation responsable?
La mondialisation
existe, elle s'accélère. Elle a été construite par de grandes entreprises
mais de nombreuses PME sont aujourd'hui parties à ce processus. Contrairement
à l'internationalisation économique qui l'a précédée, la mondialisation
fait système. Les grandes entreprises sont puissantes et interfèrent
dans le champ politique mondial, comme leurs prédécesseurs
le faisaient au niveau national auparavant. Pour
autant, il n'existe pas de directoire mondial des multinationales qui
organiserait le monde sous le nez des Etats impuissants. Il ne faudrait
pas sous-estimer le rôle des Etats, ce ne sont pas les entreprises
qui siègent à l'OMC mais bien les gouvernements, et ce sont les eux qui
font la guerre. On a un jeu d'acteurs dans lequel les entreprises, les
gouvernements mais aussi les organisations non productrices non étatiques
tiennent leur rôle. Il est des entreprises plus ou moins puissantes,
de l'artisan à la multinationale, de la coopérative au réseau
de commerçants de la diaspara chinoise; plus ou moins responsables,
de celle qui édite de faux bilans à celle qui soigne ses
travailleurs sidéens, de celle qui rejette ses effluents à
la rivière à celle qui diffuse la formation dans le bassin
d'emploi. Les pouvoirs publics sont locaux, nationaux, supranationaux,
plus ou moins démocratiques, plus ou moins efficaces. Quant aux
organisations non productrices non étatiques, elles sont d'une
immense diversité: familles élargies, syndicats, associations,
mafias, etc. Pour les individus, cette diversité est accompagnée
d'une inégalité qui n'est pas moindre : en matière
d'accès aux biens et services, à la santé et au logement,
de structures familiales et de relations entre les genres, d'espèrance
de vie et d'espoir d'une vie heureuse.
La mondialisation crée peut-être les inégalités,
elle les rend en tout cas plus visibles; l'uniformisation par la consommation
des marques et les séries télévisées coexiste
avec un renouveau du local et un retour aux racines, historiques ou fantasmées.
Cette mondialisation foisonnante et anarchique, inégalitaire et
guerrière, peut-elle être maîtrisée par les
forces humanistes de toute sorte pour devenir une mondialisation responsable?
Une mondialisation respectueuse des humains dans leur diversité
personnelle et culturelle et se préoccupant de ne pas saccager
la planète sur laquelle nous vivons tous.
Marie-Noëlle Auberger mailto://mna@gestion-attentive.com
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Les métropoles françaises et la mondialisation
responsable
"Grand
rendez-vous d'échanges de tous ceux que l'enjeu planétaire de ce siècle
préoccupe et qui croient pouvoir agir pour y répondre, chacun à sa place,
chacun sur son territoire", le Forum pour une Mondialisation
Responsable s'est tenu à Lyon du 26 au 28 octobre 2006. Plusieurs dizaines
d'intervenants, certains fort prestigieux, quatre centaines de
participants en ont fait un succès. Les organisateurs entendent continuer
à faire travailler les partenaires pour un nouveau forum en 2008.
"Entre la recherche effrénée des gains financiers à court terme et
le rejet acharné de toute forme d'économie de marché, la société mondiale
ne peut trouver son équilibre et son salut que si chaque acteur a
conscience de sa part de responsabilité collective et agit en
conséquence. C'est pour contribuer à l'émergence d'une nouvelle
cohérence économique et sociale qu'est organisé à Lille le Forum Mondial
de l'Economie Responsable." : Lancé officiellement le 1er décembre 2006,
ce forum "a l'ambition de rassembler, dans un cycle de quatre années, des
milliers de participants venus du monde entier". Je ne sais pas s'il
faut parler d'un nouvel épisode dans la rivalité entre les deux grandes
métropoles que sont la capitale des Gaules et celle des Flandres
françaises (Marseille pour sa part ne voulant se mesurer qu'à Paris) et se
désoler de cet éparpillement des forces ou bien se réjouir de l'émulation
entre deux régions dynamiques aux activités transfrontalières.
A Paris, justement avait lieu début décembre le 4e forum du Développement
Durable organisé par l'ADAPES, comme d'habitude sous le patronage du président
de la République. Mettant l'accent sur le pilier écologique, ce forum
a souligné l'urgence d'une politique énergétique européenne et
a appelé à mener des politiques sectorielles volontaristes aussi dnas
les secteurs du transport routier et du bâtiment.
Au dela des querelles
de chapelle, si les idées foisonnent et si la mondialisation responsable
ainsi que la lutte contre les dérives climatiques sont souhaitées par
tous, qui s'en plaindra ?
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Forum pour une mondialisation responsable :
essai de synthèse
Le forum de Lyon
(26 et 27 octobre 2006) a brassé beaucoup de témoignages et d'idées. Un
participant, Louis Andreÿs, nous livre sa vue globale de ces deux jours
de débats.
Vous
trouverez ici quelques photos
Il serait
prétentieux d'appeler synthèse ce document qui restitue ce qui reste en
compréhension chez un non spécialiste, des propos croisés qu'ont échangé
pendant deux jours les éminents participants. Et pourtant, qu'ils
soient issus du monde politique, chefs d'Etats, responsables
d'organisation internationale, élus ou fonctionnaires, PDG de
multinationale ou patron de PME, gens d'affaires ou syndicalistes,
juristes ou philosophes, tous étaient porteurs de constats alarmistes
convergents sur l'état de notre monde. Mais tous étaient également des
messagers de convictions fortes, de savoir-faire, d'idées et
d'expériences, pour infléchir l'évolution actuelle désastreuse de la
société planétaire. Leur objectif commun était clair : la mondialisation
des échanges devait être un outil de solidarité et de progrès universel.
Un tel forum démontre que de formidables synergies sont possibles
lorsque les acteurs de tous niveaux mettent en commun leurs réflexions et
leurs propositions pour une mondialisation plus responsable. Il permet
également de prendre conscience que le citoyen peut apporter une vraie
contribution à la construction de la ville et du monde.
Les quelques notes
qui suivent sont donc un essai de classement des réflexions portées en
débat en cinq groupes: Le constat, sur les causes, les effets et
la finalité de nos comportements. Le diagnostic est clair, l'humanité
va dans un mur, mais il n'y a pas de déterminisme, d'autres mondes
sont possibles. L'entreprise, ce qui guide la réflexion, de tous
ses acteurs, c'est une recherche de faisabilité entre responsabilité
sociale et performance économique. Les pistes d'actions sont
nombreuses, aussi nombreuses qu'il y a de talents et de savoir-faire
chez les acteurs ; elles reposent sur deux piliers : Droit Universel et
Solidarités, Le local et l'international, c'est un paradoxe, il
s'agit d'une relation bijective : les villes et territoires ont
capacité à modéliser et expérimenter des pratiques qui deviennent des
concepts pour comprendre la mondialisation et organiser des
solidarités. La gouvernance mondiale est la nécessaire et ultime
organisation démocratique à instituer pour une mondialisation
respectueuse des Droits de l'Homme et de la Nature.
Le constat : sur
les causes, les effets et la situation, il y a un large
consensus. Les causes sont d'ordre environnemental : l'épuisement
des ressources de la planète, et réchauffement de la terre ; d'ordre
économique : l'insoutenable rentabilité de 15% exigée par des actionnaires
; d'ordre sociétal : une croissance débridée en rien qualitative ; la
migration facile des capitaux et parfaitement réglementée des
individus. Ces causes engendrent des effets insupportables : les
inégalités sont croissantes entre les riches et les pauvres ; les
différents modèles de développement seront très rapidement incompatibles
sur la planète ; les tentatives de redistribution des richesses sont
inefficaces. A des niveaux différents, il y a une pauvreté prégnante dans
tous les pays.
Les appréciations sont relativement cohérentes sur le système économique
qui organise la société : le capitalisme est un système qui marche mais
qui a anesthésié tous les contre-pouvoirs et particulièrement les syndicats.
Les actionnaires, les vrais gouvernants des entreprises, ont découpé le
citoyen en tranches : consommateur, actionnaire retraité, salarié...
L'économie de marché est inévitable
mais elle doit être régulée ; la compétitivité est salutaire pour le
développement personnel et l'efficacité. Pour toutes ces raisons la
situation doit être corrigée car nous allons droit dans le mur ; mais il
n'y a pas de déterminisme, d'autres mondes sont possibles.
L'entreprise : dans la
mondialisation, les entreprises peuvent-elles avoir des visées humanistes
tout en sauvegardant leur équilibre économique ? Repères : en
trente ans les transactions financières ont été multipliées par trente ;
mille entreprises représentent 50% du chiffre d'affaires mondial ; les
fonds de pension sont une contrainte majeure pour les dirigeants. Les
opinions des acteurs s'inscrivent dans une démarche morale : pour lutter
contre la pauvreté, un modèle économique durable est plus efficace que
la charité, déclare le PDG d'une multinationale. Le débat qui suit
donne quelques caractéristiques de ce modèle.
La mondialisation doit créer des emplois décents et fédérer les acteurs
sur cet objectif ; l'investissement doit être socialement responsable
; un développement n'est durable qu'avec des objectifs économiques
et sociaux conjoints. Il faut une croissance qualitative, celle d'aujourd'hui
n'est ni satisfaisante ni durable ; l'organisation sociale doit concilier
flexibilité, sécurité, diversité dans un marché versatile. Lorsque l'entreprise
privée assure un service au public, il faut viser une régulation partagée
du pouvoir et des fonctions avec la puissance publique. Quand les salaires
dans l'entreprise sont dans un rapport supérieur à un à dix, il y a danger
social.
Les entreprises et le
politique : Tout le monde doit respecter la loi ; les entreprises
appliquent, mais ce sont les gouvernements qui décident (affirmation qui
déclenche quelques réactions.) ; les entreprises doivent accepter la
démocratie et ne pas se soumettre aux dictatures. Il existe un
modèle d'entreprise non capitaliste. Plusieurs intervenants,
dirigeants ou responsables de Sociétés Coopératives Ouvrières de
Production (SCOP), présentent leurs organisations : les SCOP sont des
institutions démocratiques non capitalistes. Le pouvoir y est réparti
entre tous les acteurs, y compris dans les processus de décision. La
formule concilie économie et humanisme et la pédagogie y est fondamentale
; la performance économique est tout à fait satisfaisante ; autorité et
consensus ne sont pas contradictoires ; ce sont des entreprises pérennes
puisqu'elles appartiennent aux salariés.
Deux formules dans la bouche d'un philosophe : "Les inégalités ne sont
plus un problème de justice mais d'ordre public" et dans celle d'un
dirigeant : "Nous n'allons pas sauver la planète à nous tout seuls, mais
nous devons être fiers au quotidien de ce que nous faisons".
Des pistes
d'actions. Un message d'espoir est lancé par des intervenants qui
constatent l'émergence de contre-pouvoirs, par la signature
d'accords internationaux dans les multinationales, la montée en puissance
des collectivités territoriales et en raison des nouvelles exigences
sociales qui se manifestent dans les nouveaux pays industrialisés (y
compris en Chine). Mais aussi l'exigence d'un Droit universel en devenir,
qui intègrera une modernisation sociale et environnementale, respectueuse
de tous les partenaires et qui donne du sens à l'action. Enfin dans la
prise de conscience par tous les acteurs de la nécessaire Responsabilité
Sociale des Entreprises (RSE). Il s'agit là d'une conception juridique
nouvelle du rôle et de la responsabilité des entreprises, indissociable de
l'organisation pour développer une mondialisation responsable. Ces
nouvelles normes doivent s'imposer par la négociation. Elles doivent
être le moteur et la condition de l'aide au développement. La RSE est une
méthode de management efficace et rentable, rapporte le directeur du
développement durable d'une multinationale. La RSE doit contribuer à
compléter et renforcer l'Etat de Droit en s'appropriant les normes
internationales pour un travail décent et une œuvre universelle.
Des avancées vers un progrès technique solidaire : les pays en voie de
développement ou d'industrialisation ne sont pas condamnés à une sous-maîtrise
des technologies (la Chine forme annuellement dix fois plus d'ingénieurs
que la France); il faut utiliser les nouvelles techniques de la communication
pour raccourcir les cycles de mise à niveau dans l'éducation, les entreprises
et les collectivités locales (Inde, Rwanda, etc.) ; grâce aux efforts
d'Etats, de villes et d'entreprises, l'enseignement de l'informatique
est dispensé en Afrique dans 43 pays et a touché à ce jour 700 000 personnes
(au Sénégal les bibliothèques sont branchées sur toutes les universités
du monde, de Dakar on peut suivre les cours du MIT ou de Dauphine et accéder
à leurs diplômes).
Conclusion du
philosophe, "Ce qui compte dans la vie c'est l'amour et le
sens."
Le local et
l'international. Face au tout économique le seul contre-pouvoir
possible est politique. Au local, les villes ont la possibilité de
modéliser des pratiques et de faire évoluer les politiques ; ce sont des
lieux d'initiatives et d'expérimentations. Il faut promouvoir une nouvelle
citoyenneté dans les régions les villes et les entreprises. A l'exemple du
modèle suédois, dans un bassin d'emploi, on peut mobiliser tous les
acteurs pour organiser l'employabilité sans ruptures, réduire la
sédentarité, adapter les formations aux évolutions.
La Nation. L'ordre politique se fonde sur le citoyen et la démocratie
se joue au niveau de la nation. Pour réduire les disparités, la fiscalité
doit y être incitative et pénalisante, mais il faut également changer
d'indicateurs pour cerner les évolutions et les dérives. Il y a une tension
permanente entre démocratie et mondialisation mais parallèlement on constate
que les Etats les plus mondialisés ont la dépense publique la plus forte.
Les pays les plus compétitifs sont les pays nordiques qui ont développé
le dialogue entre les entreprises et la société civile. La souveraineté
assassine les solidarités et laisse le champ libre à l'économique. La
souveraineté nationale (fruit de l'égoïsme naturel) doit se soumettre
à l'autorité internationale.
La mondialisation.
Généralement les projets de gouvernance mondiale ne sont que de bricolages
à la marge à cause des souverainetés nationales. Les flux migratoires sont
le défi du XXIeme siècle et la circulation des hommes contrairement à
celle des capitaux reste contrôlée. Il faut briser les tabous par la
pression des opinions publiques
Une nécessaire
gouvernance mondiale. Une gouvernance mondiale par seulement cinq pays
(les membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU) n'est plus
acceptable. Il faut réunir les valeurs. Toutes les civilisations du
monde portent en elles des valeurs d'humanité. Il faut hiérarchiser
les normes internationales et imposer les Droits de l'Homme. Un
développement économique unificateur doit être financé par les nations
riches. Il faut aussi organiser. L'ONU doit changer ses règles de
fonctionnement et la communauté internationale doit par la négociation
réguler et interdire certaines pratiques. Il faut rendre cohérent la
rentabilité des fonds de pension et les politiques salariales. Les paradis
fiscaux sont un frein au Droit et à la Solidarité. Il nous faudra un
Parlement mondial élu par les peuples, avec une philosophie publique
qui ne soit plus dépendante de l'Economie.
Louis
Andreÿs
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Revenu, patrimoine, bien-être,
bonheur...
Deux études viennent
de sortir, qui cherchent dans des sens différents à aller au dela du concept
de PNB, l'une s'intéressant au patrimoine privé, l'autre au non
monétaire.
Selon une étude de
l'Institut mondial de recherche sur l'économie du développement de
l'Université des Nations Unies, la moitié de la richesse mondiale des
ménages serait détenue par 2% de la population mondiale alors que la
moitié la plus pauvre de celle-ci se partagerait 1% du patrimoine privé
mondial. L'institut de recherche de la Deutsche Bank a pour sa part
étudié la mesure du bien-être, à partir de catégories emboîtées :
PNB, bien-être économique, progrès social, bonheur.
Le PNB mesure la valeur de marché des biens et services finaux produits
à l'intérieur d'un pays dans une période donnée, y compris le revenu qui
part à l'étranger et les dépenses de sécurité. Le bien-être économique
ajoute au PNB les activités non marchandes, les loisirs et le patrimoine
; le chômage et les inégalités l'affectent négativement. Les champions
du monde dans la catégorie sont la Norvège, la France et la Belgique.
Les conditions de vie individuelles incluent des aspects non matériels
tels que la santé, l'espérance de vie, l'éducation et l'état de l'environnement.
L'indicateur de progrès social couronne la Suède, le Danemark et la Norvège
; l'indicateur Planète Heureuse voit la Colombie et le Costa Rica parmi
les meilleurs. Mais le bonheur dépend de la famille, des amis, de la satisfaction
au travail.
Les comparaisons internationales sont donc
très différentes selon les critères, même si les pays scandinaves sont
toujours bien classés. Ainsi les Etats-Unis ont-ils un indice de bien-être
économique de 78 par rapport à l'indice 100 pour la France: ils consomment
plus (133), ils sont plus riches (110) mais leur société est plus
inégalitaire (25) et moins sécure (29). Et pour les deux se posent
des problèmes de méthode. Dans l'étude de l'UNU, les créances
potentielles sur les systèmes de pension publics ne sont pas incluses dans
le patrimoine, alors que les parts dans les fonds de pension privés le
sont, ce qui sous estime le patrimoine largo sensu des Européens
continentaux et notamment des Français par rapport au patrimoine des
Britanniques ou des Etatsuniens. En matière de bonheur aussi, certains
résultats peuvent surprendre: la Colombie est en tête des nations
heureuses, les narcotrafiquants, les otages de la forêt et les gamins de
Bogota ont-ils été inclus dans le calcul ? Dans l'une et l'autre
études, sont décrites de très fortes inégalités. Comme on pouvait s'y
attendre, les inégalités de patrimoines sont plus importantes que les
inégalités de revenus. Et le contenu du patrimoine des ménages est fort
différent: presque exclusivement constitué de biens immobiliers dans
les pays pauvres, il comprend des actifs financiers dans les pays riches,
notamment beaucoup d'actions aux Etats-Unis. L'endettement des ménages
est peu important dans les pays pauvres : de nombreux pauvres sont
endettés mais pour des sommes relativement faibles, du fait de l'absence
d'institutions financières telles que celles qui fournissement des prêts à
la consommation et des prêtes hypothécaires aux ménages des pays riches.
Symétriquement, du fait de l'existence de ce secteur financier dans les
pays riches, une partie de leur population est tellement endettée qu'elle
a un patrimoine net négatif. Ainsi, au niveau mondial, les plus
pauvres en terme de richesse des ménages se trouvent dans les pays
riches. Rappelons pour mémoire que certains économistes avaient déjà
constaté dans les années soixante, au grand scandale de leurs confrères,
que les plus pauvres des Etatsuniens étaient, à parité de pouvoir d'achat,
plus pauvres que les plus pauvres des Chinois.
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Un immobilier responsable?
L'immobilier
-construction, usage et démolition- serait responsable de la moitié des
émissisions de gaz à effet de serre. Dans la mouvance de la Convention
sur le changement climatique de Nairobi, six institutions financières se
sont regroupées pour "inscrire le développement durable au coeur du métier
d'investisseur immobilier": deux françaises (Caisse des Dépôts et AXA Real
Estate Investment Managers France), une étatsunienne, quatre basées à
Londres. Elles sont accompagnées de quatre observateurs dont CalPERS, le
fameux fonds de pension californien. Le secteur financier peut
améliorer la performance environnementale et sociale des constructions
neuves et du bâti ancien en intégrant des enjeux environnementaux, sociaux
et de gouvernance dans les critères d'investissement. Il s'agit notamment
de limiter significativement les émissions de CO2, d'améliorer
l'afficacité énergétique et de réduire les consommations d'eau. Ce
groupe de travail prend place au sein de l'Initiative Finance du
PNUE. Cette initiative, partenariat entre le PNUE (Programme -qui n'a
toujours pas rang d'Organisation- des Nations Unies pour l'Environnement)
et le secteur financier, promeut "l'adoption de bonnes pratiques
environnementales et de développement durable" à tous les niveaux des
institutions financières.
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Le syndicalisme international
La Confédération
Syndicale Internationale a vu le jour, suite à l'auto dissolution
des deux centrales CISL et CMT. Elle rassemble 168 millions de travailleurs
organisés dans 306 organisations syndicales de 154 pays. Très attachée
au travail décent préconisé par l'Organisation Internationale du
Travail, la CSI veut interpeller les gouvernements sur les enjeux de
la mondialisation.
L'unicité
syndicale n'est pas toujours de mise, il existe parfois deux organisations
syndicales par pays. Dans certains cas, comme en Europe du Nord, l'une
réunit les "cols bleus" et l'autre les "cols blancs";
il arrive aussi que deux ou plusieurs organisations syndicales se disputent
les suffrages et les cotisations des différents groupes de travailleurs,
sur des bases d'idées (chrétiens et sociaux démocrates,
par exemple).
En France, où le syndicalisme est dispersé à l'extrême, quatre centrales
adhérent à la CSI. Deux d'entre elles, les principales organisations nationales,
CFDT et CGT, proposent une réforme de la législation sur les relations
professionnelles, incluant la fin de la "présomption irréfragable
de représentativité" et le principe majoritaire pour la validité
des accords. La présomption dispense les syndicats locaux rattachés
à une des cinq confédérations de faire la preuve
de leur existence réelle et sert de base à un certain nombre
d'aides d'Etat à l'échelon national. Elle a pour effet de
maintenir sous perfusion des organisations syndicales étiques. Le principe
majoritaire obligerait les organisations à prendre leurs responsabilités,
alors qu'aujourd'hui un accord est valable s'il est signé par une
organisation représentative coté patronal et une coté
syndical. Une réforme aurait pour conséquence, en fonction
des dispositifs qui seront pris, soit d'accentuer la balkanisation du
syndicalisme français, soit de pousser dans le sens d'une aggrégation
des forces organisées. Alors en France, sept voire huit centrales
syndicales ou deux? On le saura dans dix ans.
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Dans la
bibliothèque
Claude Riveline,
Idées, tome 1, Ecole de Paris du management (94 boulevard du
Montparnasse, 75014 Paris)
La page "Idées" du
Journal de l'Ecole de Paris est écrite depuis les débuts de la parution
en 1997, par Claude Riveline, professeur de gestion à l'Ecole des Mines
de Paris. Le recueil en est fait aujourd'hui, sous la forme d'un petit
ouvrage délibérément sous-titré "tome I" car un chercheur, même admis
à faire valoir ses droits à retraite, continue de réfléchir et d'écrire.
Ces chroniques sont délicieuses pour tout esprit curieux, même si elles
sont "datées" et qu'il est un peu frustrant d'y trouver régulièrement
"comme le dit XXX dans l'article qui suit" puisque l'article ne suit pas.
Néanmoins, même ceux qui n'ont pas lu en leur temps ces "Idées" y trouveront
du plaisir.
Entre autres réflexions intéressantes, nous citerons le classement des
Français en quatre catégories, construites par la distinction entre "sédentaire"
et "nomade" d'une part, entre "avec projet" et "sans projet" de l'autre,
chaque catégorie étant définie par un cauchemar. Les sédentaires avec
projet comprennent les industriels, les gestionnaires du territoire,
les chercheurs, les artistes, leur cauchemar est la précarité.
Les nomades avec projet comprennent les vendeurs et tous ceux dont
le territoire s'étend à la planète, leur cauchemar est le stress.
Les sédentaires sans projet comprennent tous ceux qui sont payés
à ne rien faire ou à faire des choses qui ne leur apportent guère de sens,
situation qui peut être un rêve pour ceux qui trouvent leur bonheur ailleurs,
autrement leur cauchemar est la déprime. Les nomades sans projet
n'ont plus de lieux où ils seraient connus et estimés, s'ils ne sont pas
des ascètes qui ont choisi leur destin, ils sont dans le cauchemar de
l'exclusion. Et Claude Riveline nous fait remarquer que "la
course à la croissance économique peut avoir pour effet d'accroître à
la fois la précarité, le stress, la déprime et l'exclusion, ce que ne
reflètent ni les comptabilités des entreprises ni les agrégats macroéconomiques."
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Les sites de ceux qu'on cite
Etude de l'UNU sur la richesse, le résumé, en français
: <http://www.wider.unu.edu/research/2006-2007/2006-2007-1/wider-wdhw-launch-5-12-2006/wider-wdhw-press-release-5-12-2006-FR.pdf>
Institut de recherche de la Deutsche Bank : <www.dbresearch.com>
Groupe de travail sur l’investissement immobilier responsable de l’UNEP
FI: <http://www.unepfi.org/work_streams/property/>
Ecole de Paris du Management: <http://www.ecole.org>
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