La Missive de Gestion Attentive

N°25 - mars - avril 2007

Sommaire


Edito: pour un quinquennat responsable
Les administrateurs salariés CFDT, la gouvernance et l'intérêt social
Les voies nouvelles du dialogue social local
Un ministre du développement durable au cœur du gouvernement français?

Dans l'agenda : RSE et éthique du capitalisme

Les sites de ceux qu'on cite

 

Edito: pour un quinquennat responsable

La campagne pour l'élection présidentielle française a fait une certaine place à l'environnement, avec la Pacte écologique de Nicolas Hulot signé, avec ou sans réserves, par la plupart des candidats. Mais le principe d'un ministre du développement durable aux fonctions transversales et à l'influence réelle est vite parti aux oubliettes. Les candidats parlent de travail mais plus pour promettre l'augmentation des revenus nets que pour essayer d'améliorer le taux d'emploi et ont laissé de côté la question de la participation des salariés au gouvernement des entreprises. Ils parlent de dialogue social mais proposent de continuer l'inflation législative et privilégient le rôle de l'Etat. Le candidat arrivé en tête au premier tour promet de violer le principe constitutionnel de l'égalité devant l'impôt en défiscalisant les heures supplémentaires. Les deux finalistes annoncent de nouvelles lois sans dire qu'ils feront appliquer les anciennes, notamment en donnant à la Justice les moyens d'exercer son rôle efficacement.
Quel qu'il soit, plus ou moins autoritaire, plus ou moins participatif, on aimerait que le prochain quinquennat s'inspire de ce qui se passe dans les entreprises et les régions en matière de responsabilité sociétale des entreprises et de développement durable.
(30/04/2007)

Marie-Noëlle Auberger
mailto://mna@gestion-attentive.com

retour au sommaire

Les administrateurs salariés CFDT, la gouvernance et l'intérêt social

Les administrateurs siégeant au conseil d'administration de l'entreprise peuvent être des représentants des actionnaires importants, être " indépendants ", au sens où ils n'ont pas de lien direct avec l'entreprise, ou bien des être des représentants des salariés. Dans cette dernière catégorie, il convient de distinguer deux cas : les représentants des salariés actionnaires, auxquels la loi française de décembre 2006 donne ipso facto le droit à un administrateur dès lors que le pourcentage du capital détenu par les fonds de placement des salariés atteint cinq pour cent, et les représentant des salariés ordinaires. Si les premiers représentent des salariés qui ont, par le biais de l'épargne salariale, recyclé une partie de leur salaire au sein de l'entreprise qui les emploie, les seconds sont des représentants des apporteurs de travail en tant que tels. Contrairement aux représentants du Comité d'entreprise, ils ont voix délibérative au Conseil.
Une étude "Eléments pour un guide de l'administrateur cfdt : échange d'expériences, analyse et préconisations" nous fut confiée par le Groupe de travail Outils de Gestion et Gouvernance de la CFDT Cadres et l'Association Solidaires !, association syndicale de salariés actionnaires. Elle a porté sur les administrateurs issus des rangs de l'organisation syndicale aujourd'hui dirigée par François Chérèque, qu'ils représentent les salariés du fait de la loi de démocratisation du secteur public ou du fait des statuts de l'entreprise, souvent à la suite d'une privatisation.

L'administrateur salarié distingue son rôle de celui des représentants du Comité d'entreprise, il se définit comme un administrateur de plein droit et de plein devoir, concerné plus que d'autres par le long terme. Face à un comité directeur qui connaît tous les chiffres et le contexte économico-financier, l'administrateur salarié a un discours particulier. Dans un conseil d'administration dont souvent le rôle n'est important que dans les périodes de crise, il se prépare à affronter les dites situations critiques. Il considère que la gestion au quotidien n'entre pas dans ses attributions mais dans celles des différents comités d'entreprise, et que son action au conseil d'administration doit se situer sur le moyen et le long terme. En conséquence il fait en sorte de connaître l'histoire et la stratégie du groupe mais aussi les métiers, les marchés, la géographie du secteur.
Le mandat d'administrateur salarié est complètement différent de ceux d'élus du personnel ou de responsable syndical. Il est, sauf dans certains conseils sans pouvoir, considéré comme difficile, très intéressant mais parfois un peu frustrant car, si on y apprend beaucoup, on voit rarement les résultats de son action. Mandat exclusif dans l'entreprise, le poste d'administrateur salarié n'est pas toujours considéré comme stratégique ni même valorisant. Etre délégué syndical central ou secrétaire de comité d'entreprise, encore plus secrétaire de comité central d'entreprise ou de comité d'entreprise européen est considéré par beaucoup comme plus gratifiant et parfois moins contraignant.
Le pouvoir d'influence que se reconnaissent certains administrateurs s'acquiert est basé sur la crédibilité de celui qui connaît le social interne. Il arrive même - rarement - qu'un administrateur salarié ou l'ensemble de ceux-ci parviennent à faire modifier une décision.
Ce pouvoir d'influence s'acquiert avec le temps et s'exerce surtout lors des crises, notamment lors des opérations de rapprochement ou de cession. Lorsque le CA n'a pas de pouvoir, le seul intérêt de la présence des actionnaires salariés dans le conseil est le recueil d'informations mais le CCE a les mêmes, parfois mieux explicitées.
La question du pouvoir de l'administrateur salarié se pose à l'intérieur de celle du pouvoir du conseil d'administration lui-même. Ce dernier est plus ou moins réel selon que le conseil est une simple chambre d'enregistrement de décisions prises en amont, par la direction générale ou par l'actionnaire principal (chez les EPIC, les tutelles agissent par président interposé et dans le privé, les filiales n'ont pas grande autonomie) ou s'il joue réellement son rôle d'orientation. Et dans ce cas, la politique peut être industrielle et longtermiste ou financière et courtermiste. L'administrateur CFDT va s'efforcer de parler stratégie.
Certains conseils sont encore sur le modèle monarchique, avec un président seul décisionnaire mais de plus en plus le conseil se réveille. Lorsque le conseil a réellement le pouvoir, les administrateurs salariés ont parfois conscience que les administrateurs importants se sont mis d'accord préalablement, notamment au cours des comités spécialisés. On peut noter que, d'une manière assez paradoxale, les administrateurs salariés des entreprises publiques, qui représentent le tiers des voix du conseil, au côté des représentants de l'Etat et des personnalités qualifiées, sont dans l'ensemble plus pessimistes sur leur efficacité que ceux du secteur privé, qui sont souvent seuls à représenter le travail.
En définitive, la présence de l'actionnaire salarié CFDT change t-elle le mode de gouvernance ? Pas fondamentalement mais il attire l'attention sur certains aspects stratégiques et humains. Il a d'autant plus de poids qu'il est considéré, par les autres mais d'abord par lui-même, comme un administrateur à part entière.
Sans s'opposer systématiquement à tout plan social et à toute cession d'activité, il se place, notamment face à l'Etat lorsqu'il est à la fois actionnaire et client, dans une logique d'entreprise, dans la défense de l'intérêt social. Les administrateurs CFDT disent ne pas voter de manière systématique et pensent que leur attitude mesurée leur donne plus de poids qu'une prise de position a priori. La plupart des personnes rencontrées affirment qu'en cas de restructuration, vente de filiale, acquisition d'entreprise ou rectification de frontières, ils se déterminent en fonction de l'intérêt global - " intérêt social " de l'entreprise, garanties pour les travailleurs - alors que leurs collègues issus de la CGT votent automatiquement contre les résolutions et ceux de la CFE-CGC systématiquement pour.
Sa valeur ajoutée au sein du conseil réside dans sa vision qui dépasse le courtermisme et dans son souci du bien commun, il insiste sur la prise en compte de l'intérêt social et sociétal d'une manière large. Intérêt social au sens de la " société anonyme " mais aussi des " partenaires sociaux ", intérêt sociétal de la société globale, qui n'est pas borné par les limites de l'entreprise, ni par les frontières nationales ni même européennes.
L'administrateur salarié a d'autant plus d'influence qu'il n'est ni agressif ni béni-oui-oui. Il peut jouer un rôle de liaison dans la connaissance interne du groupe et apporter une parole différente de celle des administrateurs ordinaires, en s'intéressant au social largo sensu. Pour jouer pleinement ce rôle, il est important qu'il soit en liaison avec l'équipe syndicale, section, inter ou syndicat, fédération selon les cas.
Si les administrateurs issus du monde du travail étaient plus nombreux, allant même jusqu'à la parité, ils auraient un pouvoir qu'ils n'ont pas aujourd'hui mais les responsabilités qui vont avec.

retour au sommaire

Les voies nouvelles du dialogue social local

"Nous voudrions par des regards croisés tenter de dégager des voies nouvelles au dialogue social", expliquait René Ruols, président de Tedis, nouveau nom de l'association Réalités du dialogue social local (RDSL), issu d'un marcottage de l'association Réalité du dialogue social (RDS), laquelle fait dialoguer depuis quinze ans dirigeants et responsables de ressources humaines, syndicalistes et élus du personnel, chercheurs et consultants. Son premier colloque, intitulé "Enjeux et états des lieux du dialogue social local, regards croisés et voies nouvelles" cherchait à dresser un état des lieux et à identifier quelques enjeux.

Pourquoi le dialogue social local ? Parce que plus le monde s'ouvre et plus la mondialisation s'étend, plus l'ancrage territorial se développe. Alors que les lieux de décision stratégiques s'éloignent, le besoin de proximité et de réalisation de projets par petits collectifs s'accroît. Regarder, décrypter, recenser, et plus tard diffuser les bonnes pratiques, tel est ce qui justifie la création de l'association.
Le dialogue social local n'est pas le dialogue social traditionnel, ne serait-ce que par ses acteurs dont la légitimité et la représentativité institutionnelle reste à définir.
Le paysage socio-économique d'aujourd'hui n'est plus le même que pendant les " trente glorieuses " : l'emploi industriel dans les grandes entreprises a fait place à la création d'emplois dans les PME ; l'aménagement du territoire était un jeu à somme nulle entre régions françaises, aujourd'hui face à la concurrence internationale, la question n'est plus de redistribuer des ressources mais d'aider à les créer ; l'intégration de la moitié nord de la France s'est faite dans l'inégalité, aujourd'hui les périphéries productives sont à l'est de l'Europe, les chaînes de valeur sont internationalisées. On consomme ailleurs que là où on produit, les grandes métropoles ont des trappes à pauvreté et les villes moyennes se portent plutôt bien.
L'économie de mouvement -l'industrie et les services internationalisés- sont le cœur de la compétitivité ; l'économie d'accompagnement - la production marchande locale et la redistribution- crée des emplois mais ceux-ci ont une mauvaise image.
La coupure des liens territoriaux entre les donneurs d'ordre et les sous-traitants ne met pas les territoires hors jeu car même les entreprises qui jouent au Lego s'appuient sur des pôles géographiques. Plus la compétition se fait par la qualité et l'innovation, plus le relationnel est important, aussi les territoires qui gagnent sont-ils ceux qui ont la capacité sociopolitique et organisationnelle à faire émerger ces ressources immatérielles. Les cultures locales sont différentes, de la métropole lilloise qui coopère avec les voisins belges à des villes moyennes du Sud-ouest qui en sont restées à la troisième république.
La France, seul pays d'Europe à donner plus de place à la loi qu'à la négociation, connaît un sentiment d'insécurité sociale particulièrement fort. Elle ne fait plus confiance à ses hommes politiques qui n'ont jamais assumé leurs choix d'ouverture et de libéralisation et se méfie parfois aussi de ses organisations syndicales. On doit poser la question des différences entre territoires, et du renvoi des problèmes au niveau régional sans que l'Etat effectue une péréquation des moyens.
Le citoyen vote là où il dort et pas là où il vit, ce qui entraîne un décalage entre les élus et les citoyens. Il y a des communes de douze personnes et des quartiers de quatre vingt dix mille, qui auraient besoin d'un maire élu au suffrage universel. La communauté de communes a le plus de pouvoir alors que son président de est élu au troisième degré.
Les Maisons de l'Emploi prévues par le Plan de cohésion sociale ont pour mission de mettre en cohérence l'offre et la demande d'emplois et de compétences. Qu'elles soient du modèle réseau ou guichet unique, elles rassemblent ANPE, Assedic, AFPA, Mission locale, PLI, etc. Ce sont des espaces de dialogue social territorial qui permettent de construire des actions coordonnées. Les Maisons de l'emploi de Sénart, de Massy ou de Cergy et, avec plus de difficultés, de la zone aéroportuaire de Roissy, créent de la cohésion économique et sociale.
Il existe des projets territoriaux innovants. En région Ile-de-France, "centrale de flux" qui concentre les mobilités et connaît de grands écarts entre territoires, la création d'une commission paritaire de l'emploi dans les jeux video est une démarche innovante pour remédier à la segmentation des branches. Pour tester la flexicurité au niveau microéconomique, le Lentic, un laboratoire de l'Université de Liège, a été le facilitateur de projets pilotes : dans un bassin d'emploi touché par la fermeture d'une ligne de production sidérurgique, les salariés du groupe ou de ses sous-traitants sont, de différentes manières, mis à disposition d'entreprises de services, grâce à un dialogue amorcé dès l'amont. Une structure associative présidée par un chef d'entreprise et financée par l'Union européenne s'est auto saisie des questions de temps dans le Territoire de Belfort ; elle a mis au point des plans de déplacement des transports en commun pour les usines et le stade.
La démarche est lourde, le partage de la décision est chronophage. Il y a des conflits entre collectivités territoriales et structures techniques, et peu d'appétence pour la remise en cause des fonctionnements existants. Il est important de partager un diagnostic puis un projet et, quand celui-ci est réalisé, de procéder à son évaluation.
Le dialogue social territorial est quelque chose d'ancien, les conventions collectives ouvrières ont commencé par être locales. La négociation classique - de branche, interprofessionnelle, d'entreprise - est normative et porte sur l'emploi et les salaires ; celle d'aujourd'hui est plus floue. Faut-il parler de quatrième niveau de dialogue social ? Les partenaires sociaux peuvent mener avoir une influence dans les multiples lieux de débats formels et informels où ils sont présents mais il y a trop de lieux qui s'empilent et se concurrencent et les partenaires sociaux n'ont pas les moyens d'être partout utilement présents.
Lors de la construction d'une ligne de TGV, d'un port ou d'un incinérateur, il y a un dialogue sociétal sur le territoire concerné, avec l'apparition de nouveaux acteurs -associations, société civile-. Sur quoi débouche ce dialogue? La consultation de la société civile, le lobbying des intérêts microsociaux et corporatistes ? L'intérêt local entre t-il en conflit avec l'intérêt global ?
Pour la CGT, il ne faut pas noyer la démocratie sociale dans la démocratie civile ou sociétale ; pour la CFDT, c'est au niveau du territoire qu'on peut revitaliser la branche. L'irruption des territoires, et donc des PME, bouscule le dialogue social. Plutôt qu'un quatrième niveau, il faudrait " déverticaliser " les appareils syndicaux et donner une compétence aux niveaux territoriaux. Le territoire ne doit pas être seulement un lieu où on déconcentre les grandes orientations nationales mais un lieu où on construit de nouvelles formes. Le dialogue social territorial pose le problème de la coordination, qui existe parfois mais est " impensable " par les sociologues, parce que les solutions institutionnelles ne sont pas en place
.

retour au sommaire

Un ministre du développement durable au cœur du gouvernement français?

Christian Brodhag, qui fut trois ans délégué interministériel au développement durable, livre son testament sous la forme de deux documents de réflexion. Dans l'un il s'interroge : Quelle organisation gouvernementale pour s'assurer de la prise en compte des exigences d'un développement durable ? et dans l'autre, écrit avec le concours des Hauts fonctionnaires du développement durable, il émet des propositions pour une réforme des institutions, définissant le rôle d'un ministre délégué au développement durable auprès du Premier ministre.

Le délégué interministériel au développement durable souligne fort justement que l'organisation actuelle, à savoir le rattachement du développement durable au ministère de l'écologie, est source d'une double difficulté. Cela tend à réduire le développement durable à la seule protection de l'environnement et cela ne permet pas l'intégration du développement durable dans toutes les politiques publiques.
"Seul un positionnement de la politique de développement durable à un niveau structurellement interministériel, c'est-à-dire directement rattaché au Premier ministre, que ce soit au titre d'un vice Premier ministre ou d'un ministre délégué (ou d'un secrétaire d'Etat) chargé du développement durable auprès du Premier ministre, et totalement déchargé de toute politique sectorielle, permettra de donner sa réelle mesure à la politique de développement durable."
C'est le schéma retenu par la Commission de Bruxelles : la politique de développement durable n'est plus rattachée à la DG environnement mais au Secrétariat général.
Mais il ne faut surtout pas que cette fonction développement durable soit une fonction alibi, "dénuée de toute autorité et de tout moyen d'action vis-à-vis des ministères sectoriels" - ce qu'a été peut-être la délégation interministérielle? Pour éviter de revenir aux "errements antérieurs", il faudrait que le titulaire de la fonction développement durable dispose des compétences institutionnelles lui permettant de faire valoir son point de vue dans les arbitrages interministériels, notamment par une attribution large du contreseing sur les textes réglementaires et de services lui donnant les moyens de peser réellement dans les négociations interministérielles.
Ces services devraient lui permettre de mener des actions opérationnelles et des réflexions prospectives et stratégiques pour anticiper et prévenir les conséquences sur le long terme des décisions et des choix du moment.
D'après cette feuille de route, le ministre délégué auprès du Premier ministre serait "chargé de l'"intelligence"du développement durable pour éclairer les décisions du premier ministre, créer les conditions de sa mise en œuvre dans toutes les décisions gouvernementales, les politiques contractuelles avec les collectivités locales, la mobilisation des acteurs socio-économiques et l'ensemble des citoyens.". Il devrait garantir la cohérence de l'ensemble des politiques menées par la France et les actions menées aux différents niveaux, l'intégration des considérations d'ordre économique, social et environnemental, de telle sorte qu'elles soient cohérentes et se renforcent mutuellement ; l'exploitation des meilleures connaissances disponibles ; la participation et l'engagement des entreprises et des partenaires sociaux, en animant le dialogue social, en promouvant la responsabilité sociale des entreprises et les partenariats public-privé ; la vision de long terme qui donne tout son sens à l'action collective.
Ce ministre en charge du développement durable pilote la stratégie nationale de développement durable et les projets interministériels afférents ; arbitre en fonction des principes du développement durable grâce au contreseing dont il dispose sur les projets législatifs ; définit les stratégies territoriales de l'Etat en région et contribue à l'élaboration de stratégies nationales de développement durable ; organise le débat public ; anime des politiques contractuelles avec les acteurs économiques pour engager des changements des modes de production et de consommation.
Non seulement ce ministre manie des outils régaliens mais encore il coordonne les "outils d'intelligence" du développement durable ("intelligence" étant pris en son sens anglais de documentation et renseignement) et en assure l'intégration dans la décision collective. Pour ce faire, il élabore et diffuse des indicateurs de développement durable et des informations à destination des différents acteurs ; développe la prospective et la veille stratégique ; évalue les risques en participant à la tutelle des organismes d'expertises scientifiques ; évalue les politiques publiques ; pilote l'innovation et la réforme de l'Etat et dispose d'un budget de recherche action permettant de constituer une infrastructure des compétences publiques sur les questions d'intelligence économique, d'évaluation des politiques, des systèmes d'information, de conduite du changement, etc.
Reste à savoir si le futur Président, quel qu'il soit, et fut-il même signataire de la charte de Nicolas Hulot, prendra le développement durable suffisamment au sérieux pour l'intégrer au cœur de la politique d'Etat
.

retour au sommaire

Dans l'agenda

Le 9 mai à 18 heures à l'université Paris Dauphine (amphi 5), sous l'égide du mensuel Alternatives Economiques et du RIODD Réseau International de Recherche sur les Organisations et le Développement Durable, aura lieu un débat sur le thème "RSE et éthique du capitalisme" entre les auteurs de deux ouvrages parus en mars 2007 à La Découverte : Françoise Quairel et Michel Capron pour La responsabilité sociale d'entreprise (collection Repères) et Anne Salmon pour La tentation éthique du capitalisme (collection Entreprise et société).

retour au sommaire

Les sites de ceux qu'on cite

Outils de gestion, Eléments pour un guide de l'administrateur CFDT: échanges d'expériences, analyse et préconisations. http://outils.de.gestion.site.voila.fr/admin.pdf
Le site personnel de Christian Brodhag : http://brodhag.org/